Les Tuteurs des services civiques des 8 clubs de Dordogne en formation à Paris

ee0d979b0aDepuis 2011 la FFHB, en partenariat avec la Fondation FDJ et l’association Unis-Cité, s’est engagée dans le dispositif Service Civique. Depuis le début de ce partenariat, le dispositif séduit progressivement de plus en plus de structures. Ce sont actuellement près de 320 jeunes qui mènent des missions volontaires autour de thématiques variées telles que la parentalité, la sensibilisation au civisme ou l’intégration de personnes en situation de handicap, l’environnement, la santé…

Lors de ses vœux à la jeunesse et aux forces de l’engagement, lundi 11 janvier, François Hollande a souhaité renforcer le Service Civique afin qu’en 2018, 350 000 jeunes, soit la moitié d’une classe d’âge, aient accès à cette mesure qui concerne les 16-25 ans. « Le Service Civique vise en premier lieu des jeunes de tous horizons destinés à entrer dans des structures handball en proposant des missions d’intérêt général et de cohésion sociale, rappelle Hugues Augier, chargé de mission développement à la FFHB. Il avance le caractère spécifique du Service Civique « qui ne doit pas se substituer ou prendre la place des salariés mais bien de favoriser le mieux vivre ensemble. » Ces jeunes mènent leurs missions avec l’aide d’un tuteur dédié. « La FFHB a organisé une formation spécifique en direction de ces 70 tuteurs qui étaient présents à l’IFFE les 9 et 10 janvier, indique Hugues Augier qui se réjouit des échanges entre ces représentants des clubs au cours du week-end. Ils ont été formés par les représentants des associations Unis-Cité et la Ligue de l’Enseignement pour mieux appréhender leur rôle et les grands principes du Service Civique. »


« Le Service Civique bénéficie au jeune et à la structure »

Aujourd’hui, tous champs d’activité confondus,  70 000 jeunes bénéficient de  ce dispositif. Au niveau du handball, ce dispositif est fortement mobilisé par les structures territoriales de la FFHB (Ligues, Comités et Clubs) au travers de l’agrément national avec l’agence du Service civique et des antennes Unis-Cité, 318 jeunes sont répartis dans la plupart des Territoires métropolitains et ultramarins. Quelles sont les raisons d’un tel succès ? « La fédération a mis en place une réelle stratégie et le Service Civique est progressivement monté en puissance avec 40 contrats sur la saison 2014-2015 et plus de 300 sur la saison en cours, rapporte Bruno Roland, responsable des Politiques Territoriales et de la professionnalisation à la DTN. Cette évolution exponentielle a été rendue possible grâce à la politique territoriale qui permet de s’appuyer sur le réseau des chargés de développement. Les clubs sont sensibles au fait que le Service Civique bénéficie eu jeune et à la structure. » Et d’évoquer aussi les aspects sociologiques qui ont forcément une influence sur la vie associative. « Au delà de son projet sportif, le club doit s’ancrer dans son environnement et développer un projet associatif et de cohésion sociale. Cela répond à l’évolution sociétale avec des publics qui recherchent des pratiques plus funs, plus souples et plus libres. Bruno Roland ajoute que la terrible actualité renforce le lien social. « Au regard des événements tragiques survenus en 2015, il y a une volonté gouvernementale de sensibiliser le plus grand nombre sur le mieux vivre ensemble. Nous allons continuer à faire que ce dispositif se développe et monte encore en puissance. » Voici deux témoignages qui démontrent la diversité des missions et des apports des jeunes en Service Civique.

Loïc Legrand : « des projets pleins les cartons mais on manquait de ressources humaines

Directeur du club du Pôle Sud 38 Echirolles-Eybens, Loïc Legrand ne tarit pas d’éloges sur les deux jeunes qui remplissent leurs missions depuis le début de la saison. « Elles mènent à bien leurs missions avec des projets de qualité, rapporte celui qui joue le rôle de tuteur auprès de Laura Pirrello (22 ans) et d’Anne Guillier (25 ans). Avec les deux salariés en charge de la communication et de la technique, ces deux jeunes femmes diplômées mènent des actions qui s’inscrivent dans le référentiel des missions du Service Civique : Handball et accompagnement à la scolarité (Création et mise en place de soutien scolaire) et Handball, santé et bien-être (Création et mise en place d’un livret santé). Le club isérois compte 420 licenciés dont 80 % de jeunes et s’appuient sur des entraîneurs bénévoles. « On part du principe que les fondations doivent être solides et notre volonté est d’accompagner nos jeunes, indique Loïc Legrand. L’objectif est de prendre en charge le joueur ou la joueuse dans son ensemble, sur les aspects santé, psychologiques… Et Loïc Legrand de préciser : « Notre crédo est : Prends soin de ton corps tu iras plus loin. » Le club souhaite donner des outils aux familles, aux joueurs et aux entraîneurs. Ainsi sur l’aspect santé, Loïc Legrand avance : « en cas de blessure, il n’y a rien de pire que le désentraînement et de s’éloigner de la vie du groupe. » C’est la mission d’Anne Guillier, spécialiste de réathlétisation et titulaire d’un Master 2 en préparation physique et accompagnement des athlètes. Le soutien scolaire est assuré par Laura Pirrello qui met en place actuellement un stage au mois d’avril consacré à la préparation du baccalauréat. « Ce sera un moment propice aux révisions avec aussi un peu de handball », explique Loïc Legrand qui voit dans cette autre action une façon de se rapprocher des familles en offrant un service à destination des jeunes.

Jérôme Collinet : « vraiment utile pour la structuration du club »

85 licenciés il y a 6 ans et pas loin de 200 aujourd’hui, le Cible Dampierre Handball poursuit son développement dans un secteur rural du Comité de la Haute-Saône. Le président du club, Jérôme Collinet, a été séduit par le dispositif du Service Civique présenté par Alexandra Demange qui officie à la Ligue de Franche-Comté. « Nous avons de nombreux projets mais nous consacrons exclusivement notre temps et notre énergie à la vie sportive et à la gestion du club. » Le coût accessible a convaincu le club composé uniquement de bénévoles d’accueillir deux jeunes en Service Civique. La structure s’appuie depuis le début de la saison sur Gewin Gravier (21 ans) et Audrey Thueillon (26 ans). « Ils étaient déjà bénévoles au club et ils sont autonomes. Gewin et Audrey prennent le temps de monter les actions en direction de nos licenciés et de leurs familles. Vincent Mattler, membre du bureau du club, assure le rôle de tuteur en plus de son rôle d’entraineur des moins de 11 ans. » Ancré dans un secteur rural, le Cible Dampierre Handball a choisi parentalité et l’accompagnement de la scolarité. « Nous souhaitons favoriser les relations avec les parents et œuvrer avec les enfants en proposant de l’accompagnement à la scolarité. L’objectif est de plus nous ouvrir afin de favoriser le bénévolat. » L’aide aux devoirs répond à ce « chantage parental » que chacun a déjà entendu « si tu ne travailles pas bien, tu n’iras pas au hand. » Jérôme Collinet se réjouit aussi de l’investissement des parents qui « prennent le train des formations mises en place par le CTF de la Haute-Saône, Nicolas Terrier, un acteur précieux du Territoire. » Si les missions des deux jeunes en Service Civique ne sont pas encore achevées, Jérôme Collinet se projette déjà sur une extension du dispositif. « Leur collaboration est vraiment utile pour la structuration du club et le développement. Au sein du club, on évoque déjà les futurs profils qui  nous rejoindront dans le cadre du Service Civique. »